Salonsde grands Ă©crivains, artistes et critiques; Les salons comiques et la presse de salons ; Salons de grands Ă©crivains, artistes et critiques. Salons de grands Ă©crivains, artistes et critiques : une sĂ©lection (par ordre chronologique jusqu'en 1914) Etienne La Font de Saint-Yenne (1688-1771): 1746. Etienne La Font de Saint-Yenne (1688 - 1771) est l'un des fondateurs La littĂ©rature est un art et comme toutes les formes d'art elle occupe une place trĂšs importante dans la vie des hommes. Le poĂšte Rimbaud a mĂȘme attribuĂ© Ă  la littĂ©rature le pouvoir de "changer la vie" des hommes, c'est Ă  dire de la transformer mais aussi tout simplement de la faire Ă©voluer. » I. Maternerles enfants en Afrique : interroger la monoparentalitĂ© dans la littĂ©rature africaine. La maniĂšre dont les Ă©crivains africains abordent le sujet de la maternitĂ© transcende les oppositions binaires de façade créées par les fĂ©ministes radicales occidentales qui opposent les femmes aux hommes dans une tentative de lutter pour l Vay Tiền TráșŁ GĂłp 24 ThĂĄng. À Paris, au milieu du XVIIIe siĂšcle, des femmes de qualitĂ© ont accueilli dans leur salon tous les beaux esprits de leur temps, Ă©crivains, artistes et savants, en leur offrant l'opportunitĂ© de dĂ©battre et de soumettre leurs travaux et leurs Ă©crits Ă  l'Ă©preuve de la critique. Elles ont ainsi permis l'Ă©panouissement des LumiĂšres », une effervescence intellectuelle sans Ă©quivalent en France et mĂȘme dans le monde Ă  aucune autre Ă©poque. Échanges stimulants La philosophie de l'Ă©change, voire la philosophie tout court, trait essentiel des LumiĂšres, gagne ses lettres de noblesse dans les salons » parisiens, imitĂ©s en province et Ă  l’étranger, lieux de conversation oĂč triomphe tout un art de vivre, voire un art de la parole. Notons au passage que les contemporains utilisent rarement le terme salon », mais plutĂŽt maison, sociĂ©tĂ©, compagnie ou dĂźner. La Cour de Versailles, sous les rĂšgnes de Louis XV et Louis XVI, cesse d’ĂȘtre le centre du pays et la source de l’opinion le mouvement des idĂ©es se fait contre elle et non plus pour elle. Dans les salons, on donne la primautĂ© non plus aux jeux littĂ©raires ou aux jeux d’esprit comme au siĂšcle prĂ©cĂ©dent du temps de Louis XIV, des PrĂ©cieuses » et de la chambre bleue » de Mme de Rambouillet mais Ă  l'Ă©change d'informations, la confrontation des idĂ©es, l'exercice de la critique et l'Ă©laboration de projets philosophiques. Par ailleurs, ces lieux d’échange font ou dĂ©font les rĂ©putations littĂ©raires et procurent aux Ă©crivains des admirateurs et des relations, parfois une aide matĂ©rielle. Le rĂŽle des femmes Ainsi, un nouvel espace d'expression est accordĂ© Ă  la femme qui rĂšgne, maĂźtresse en son salon. Espaces fĂ©minins en apparence seulement puisque, si les dames y prĂ©sident, ils sont peuplĂ©s avant tout d'hommes qui accordent gĂ©nĂ©reusement Ă  leurs compagnes un gouvernement intellectuel ». Y frĂ©quentent Condorcet, Lavoisier, Montesquieu, Voltaire, Diderot, d'Alembert, Grimm, Buffon et autres encyclopĂ©distes, et bien sĂ»r tous les provinciaux distinguĂ©s ou Ă©trangers de passage. N’oublions pas cependant que nous parlons ici d’une infime partie de la population quel Ă©tait dans les faits le degrĂ© d'instruction des femmes ? À la fin du XVIIe siĂšcle, quatorze Françaises sur cent savaient signer ; cent ans plus tard, la proportion a presque doublĂ© vingt-sept. Ces femmes de culture qui tiennent salon sont donc une exception. Ce sont de grandes lectrices romans Ă  la mode, auteurs classiques, traitĂ©s d'Ă©ducation, revues, pamphlets politiques, Ă©crits philosophiques ou livres d'histoire, rien ne leur Ă©chappe. Leurs lettres fourmillent de comptes-rendus du dernier ouvrage lu et des rĂ©flexions qu'il leur inspire. Elles Ă©crivent en effet beaucoup correspondances, notes de lecture, traductions personnelles d'un auteur antique ou Ă©tranger, journal intime. L’Art de la conversation Dans les salons, l'art de la conversation est portĂ© Ă  sa quintessence. Voici Ă  cet Ă©gard un commentaire de Voltaire Le langage français est de toutes les langues celle qui exprime avec le plus de facilitĂ©, de nettetĂ© et de dĂ©licatesse, tous les objets de la conversation des honnĂȘtes gens ; et par lĂ  elle contribue dans toute l’Europe Ă  un des plus grands agrĂ©ments de la vie ». Ces salons fĂ©minins et l’esprit qui y rĂšgne sont admirĂ©s par les Ă©trangers. Caraccioli, un intellectuel italien, s’écrie La jolie nation ! Ils brillantent tout ce qu'ils disent, ils assaisonnent tout ce qu'ils font. Ce sont les femmes qui veloutent les caractĂšres et qui font naĂźtre cette amĂ©nitĂ© si nĂ©cessaire dans le commerce de la vie » Karamzine, un voyageur russe tĂ©moigne On dirait que vous avez inventĂ© la sociĂ©tĂ© ou que la sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© inventĂ©e pour vous, tant la politesse et l'art de vivre avec les hommes semblent innĂ©s chez les Français » Ne nous Ă©tonnons pas qu’en 1784, Rivarol ait remportĂ© le premier prix au concours de l’AcadĂ©mie de Berlin dont le sujet Ă©tait formulĂ© en ces termes De l’universalitĂ© de la langue française ». Les principaux salons Chacun de ces salons a un ton diffĂ©rent et l’hĂŽtesse choisit ses hĂŽtes, selon l’orientation qu’elle veut donner Ă  son salon, ses prĂ©occupations et ses goĂ»ts. Madame Geoffrin, par exemple, mettra du temps Ă  recevoir la future Madame de Pompadour et accepte mal Diderot, qu’elle juge manquer d’usages. L’un des premiers salons est fondĂ© par Mme du Tencin 1682-1749 qui tient son bureau d'esprit » de 1726 Ă  1749, au dĂ©but du rĂšgne de Louis XV. Sa jeunesse d'entremetteuse et de libertine fut fort agitĂ©e. D'Alembert naquit de ses amours illicites avec un certain chevalier Destouches et elle l'abandonna Ă  sa naissance sur les marches de la chapelle Saint-Jean le Rond, prĂšs de Notre-Dame .... PubliĂ© ou mis Ă  jour le 2020-05-12 155932 Depuis toujours l'artiste dispose d'un statut particulier. Pas de privilĂšge mais une existence sociale lui confĂ©rant une place Ă  part...L'Art est le fruit d'une inspiration et d'un savoir-faire, produit d'une source impalpable, immatĂ©rielle et qui se veut indĂ©pendante. Cette individualitĂ© tire son existence d'une prĂ©disposition crĂ©atrice naturelle Ă©chappant Ă  tout contrĂŽle institutionnel. L'artiste est un individu qui, par dĂ©finition, peut se passer de la sociĂ©tĂ© pour maĂźtriser son sujet. Il impose aux yeux du public sa force crĂ©atrice et l'image qu'il veut transmettre et mĂȘme si son oeuvre trouve son inspiration dans l'environnement dans lequel elle est pensĂ©e et conçue, elle n'en demeure pas moins le fruit d'un concept individuel, voire Ă©goĂŻste lorsqu'elle provoque. Cette volontĂ© farouche qu'ont les artistes Ă  ne vouloir exister que par eux-mĂȘmes est en opposition avec ce que la sociĂ©tĂ© tente d'imposer aux dĂ©pendance au systĂšme facilite la gestion des imposant un rythme et un cap Ă  tous les individus, les pouvoirs politiques prennent en main les destinĂ©es, s'arrogeant ainsi les prĂ©rogatives qui servent surtout leurs intĂ©rĂȘts. Le peuple n'est prĂ©tendument important qu'en pĂ©riode Ă©lectorale. Les promesses ne sont jamais de l'aspect matĂ©riel qui, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, n'est pas sa prioritĂ©, l'artiste se trouve totalement dĂ©tachĂ© physiquement et parfois mĂȘme psychologiquement de la force crĂ©atrice devient un moteur, Ă©chappant Ă  tous contrĂŽles institutionnels et la popularitĂ© en est l'apothĂ©ose. Ce besoin vital de libertĂ© est profondĂ©ment inscrit dans les gĂšnes de l'artiste pour ce dernier, seule l'oeuvre a de l'importance. Nous connaissons les destins particuliers et souvent violents de nombreux crĂ©ateurs passĂ©s Ă  la postĂ©ritĂ©. A cet Ă©gard,jamais la sociĂ©tĂ© ne les a Ă©pargnĂ©s de leur vivant, les portant aux nues quelques annĂ©es aprĂšs leur mort. Ces destins souvent cruels mettent en exergue l'ambiguĂŻtĂ© de l'existence intermittents du spectacle sont probablement le reflet de notre Ă©poque et de ce qui se fait de pire en matiĂšre de dĂ©pendance castratrice. Victimes du nombre... manque d'autonomie existentielle... recherche d'une sĂ©curitĂ© matĂ©rielle en contradiction avec la vĂ©ritable Ăąme artistique... Non, certainement pas. De tous temps, l'art a fait des victimes. La sociĂ©tĂ© est impitoyable envers ceux qui ne rentrent pas dans le rang. L'artiste a l'obligation de rĂ©ussir par lui-mĂȘme si il veut survivre en prĂ©servant la puretĂ© de sa force magnifique "mission" que de provoquer l'Ă©motion. La sociĂ©tĂ© ne peut se passer des artistes ; ces gens bizarres qui font pousser des fleurs sur le bĂ©ton et habillent de couleurs vives la tristesse de notre quotidien. © TOUS DROITS RÉSERVÉS J’aime mieux les hommes engagĂ©s que les littĂ©ratures engagĂ©es » Ă©crivait Camus dans ses Carnets de 1946. La citation pourrait ĂȘtre mise en exergue de l’exposition qui se tient du 4 fĂ©vrier au 15 mars Ă  la bibliothĂšque du 27, dans les vitrines Ă  l’entrĂ©e. IntitulĂ©e Albert Camus et la politique », elle retrace briĂšvement -et trop briĂšvement peut-ĂȘtre – les engagements de l’écrivain, Ă  l’occasion du centenaire de sa naissance. Danielle Le-nye, qui a organisĂ© cette exposition, assume un parti pris ne pas chercher Ă  retracer tous les engagements de Camus, mais en souligner les principaux. Elle s’appuie sur les archives de la bibliothĂšque de Sciences Po, et sur des photos tirĂ©es de la collection Catherine et Jean Camus, les enfants de l’écrivain. Les vitrines sont donc divisĂ©es en cinq tableaux, par ordre chronologique Seconde Guerre mondiale et RĂ©sistance, France de l’aprĂšs-guerre, Espagne franquiste, communisme, AlgĂ©rie. Toutes les photos classiques » sont lĂ  Camus aux Deux Magots lisant le journal en 1945, Camus et Malraux, Camus et Sartre chez Picasso, Camus au milieu de la rĂ©daction de Combat, le journal dont il a Ă©tĂ© rĂ©dacteur en chef Ă  la LibĂ©ration. Mais Ă©galement quelques photos plus inhabituelles, en couleur, d’un Camus peut-ĂȘtre moins glamourisĂ© », existentialisĂ© » que celles en noir et blanc – lui qui a toujours refusĂ© l’étiquette d’existentialiste. Les articles aussi sont enthousiasmants ; pouvoir toucher du doigt ou presque, attention Ă  la vitre les attaques de la polĂ©mique entre Camus et Sartre Ă  propos de L’Homme rĂ©voltĂ© 1951 – Sartre ayant prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©lĂ©guer la critique Ă  un homme de paille, Francis Jeanson, avant d’ĂȘtre forcĂ© de rĂ©pondre directement Ă  Camus – est assez passionnant. Mais frustrant aussi, puisque seul un fragment est lisible, Ă  l’abri derriĂšre sa vitrine, comme pour empĂȘcher le visiteur de revivre l’épisode dans son entier. De mĂȘme, un certain nombre de textes manquent la sĂ©rie de reportage, MisĂšre de la Kabylie », Ă©voquĂ©e seulement, dans laquelle le jeune Camus dĂ©nonce si prĂ©cocement l’inĂ©galitĂ© faite aux populations colonisĂ©es ; l’éditorial exceptionnel de Combat du 8 aoĂ»t 1945, suite Ă  Hiroshima La civilisation mĂ©canique vient de parvenir Ă  son dernier degrĂ© de sauvagerie », position alors tout Ă  fait insolite. Les documents donc, sont excellents, mĂȘme si on peut regretter quelques manques – il n’y a qu’une dizaine d’articles. Pour cela nĂ©anmoins, l’exposition vaut le dĂ©tour. De mĂȘme, l’angle choisi, l’engagement politique, est intĂ©ressant. Camus, qui rejetait toute littĂ©rature engagĂ©e contrairement Ă  ce que l’on a voulu lui faire dire, s’est en revanche personnellement engagĂ©. L’antithĂšse avec Sartre, ici aussi, est croustillante. Cependant, quelques oublis ou impasses, faute de place peut-ĂȘtre, sont Ă  dĂ©plorer. Ainsi sur l’AlgĂ©rie, pas de rappel du soutien de Camus au projet Blum-Viollette de 1936, qui voulait dĂ©jĂ  alors Ă©largir la citoyennetĂ© française Ă  un certain nombre de musulmans, prise de position essentielle pour comprendre son attitude lors de la crise algĂ©rienne. De mĂȘme, pas de rappel de son appel Ă  la trĂȘve civile en AlgĂ©rie en 1956. On pourra critiquer aussi la prĂ©sence d’un exemplaire de La Peste dans la vitrine Seconde Guerre mondiale et la RĂ©sistance », lĂ©gendĂ©e par le rĂ©sumĂ© lapidaire Roman, allĂ©gorie du nazisme et de la RĂ©sistance ». Le roman est bien plus que clea, bien mieux que cela, bien plus beau que ce rĂ©sumĂ©. Et Camus aurait sans doute refusĂ© de considĂ©rer son livre comme un simple roman Ă  thĂšse, Ă©tayant son engagement. L’aperçu des documents pourtant, est intĂ©ressant, bien qu’il souffre un peu de la briĂšvetĂ© des explications. Le parcours que dessine l’exposition est cohĂ©rent, et montre bien la multiplicitĂ© des engagements de Camus, leur diversitĂ©, tout en maintenant l’unitĂ© de sa pensĂ©e. Courez donc au 27 pour vous initier Ă  la pensĂ©e politique de cet homme multiple et pour apercevoir la vie politique des annĂ©es 50-60. Pour complĂ©ter sur l’engagement politique de Camus en revanche, mieux vaut se plonger dans ses articles, rassemblĂ©s Ă  la NRF dans le recueil Actuelles, ou lire L’Homme rĂ©voltĂ©. Pour mieux comprendre la pensĂ©e d’un homme qui, en 1951, avait la luciditĂ© d’écrire »La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensĂ©e historique laisse pendante, la rĂ©volte rĂ©pond les moyens. » Pour complĂ©ter, on pourra lire Ă©galement la biographie d’Albert Camus par Olivier Todd, Albert Camus, une vie, chez Gallimard.

écrivain critiquant la société et les hommes